dimanche 28 décembre 2008

LES LARMES DU SOLEIL

Il y a de cela très longtemps, à l’époque où les ténèbres étaient éternelles, où dans l’univers rien encore n’avait été créé, et où seul le désert sidéral régnait en maître absolu, vivait un être doté de pouvoirs fantastiques ; il avant en effet réussi à dominer la puissance de sa pensée, et par là même, possédait le dont de faire émerger des images mentales qui devenaient alors réalité.

Du plus profond de lui-même, il imagina une sorte de demi-cercle multicolore qu’il fixa sur l’horizon, et comme cette image lui plaisait, il décida de l’éterniser. Depuis lors, un embryon de lumière apparut dans la Galaxie et notre ami magicien put le contempler à l’envi.

Il aurait cependant souhaité une plus intense clarté mais, malgré tous ses efforts, il n’arrivait pas à la créer. Un jour, en désespoir de cause, il fit apparaître une étincelle aux extrémités de l’arc suspendu ; celui-ci se mit à se consumer par les deux bouts et s’effaça progressivement, au grand désarroi du magicien solitaire qui ne put rien faire pour stopper la disparition du chef-d’œuvre.

Le pauvre inventeur virtuel devint profondément triste, car la nuit, de plus en plus opaque, étendait son manteau noir, rendant le cosmos de plus en plus lugubre et angoissant.

Mais, lorsque les deux étincelles se rejoignirent au centre de l’arc de cercle, une énorme détonation secoua la Galaxie ; le magicien perdit connaissance, les ténèbres s’estompèrent, une douce chaleur se répandit, et tout en haut apparut une gigantesque boule de feu.

Lorsqu’il rouvrit les yeux, notre ami fut émerveillé par l’intensité lumineuse et la multitude de couleurs qui voletaient autour de lui ; il décida d’appeler cette nouvelle image, au demeurant bienfaisante « SOLEIL ».

Depuis lors, le froid perdit de sa morgue et l’obscurité dut partager avec la lumière ; ce fut la naissance des jours et des nuits.

Au bout de quelques temps, le soleil devint triste, il était en effet tout seul et cette solitude lui pesait ; il éclairait moins, ses rayons n’étaient plus aussi ardents, il errait dans le firmament à la recherche d’un éventuel compagnon qu’il ne pouvait évidemment pas trouver. Désespéré, il se mit à pleurer, et ses larmes qui brillaient allèrent vite se réfugier dans un coin de l’univers, pour échapper à la trop forte chaleur dégagée par le monarque astral.

Le magicien, témoin du phénomène, décida de nommer « ETOILES » toutes ces larmes qui se dispersaient dans la Galaxie. La dernière larme du soleil, bien plus grosse que les autres, choisit un endroit douillet et s’installa pas très loin de la maison du petit être qui décida alors de la baptiser « LUNE ».

Les étoiles et la lune sont donc des larmes du soleil.

Courants d 'air

Les arbres dénudés dressaient leurs silhouettes sombres, quelques corbeaux cherchaient une nourriture qui se raréfiait; dès quatre heures le jour déclina rapidement. A l 'intérieur de la maison chacun s' occupait selon son humeur, l'une tricotait, un autre lisait, un troisième construisait une maquette, quant à moi j 'écrivais. Nous étions le 24 décembre et le déroulement du temps paraissait interminable, nous attendions minuit avec impatience et les aiguilles de la pendule semblaient arrêtées.

Soudain, nous entendîmes une voix caverneuse comme venue d outre-tombe et qui disait:

" Je suis fourbu je suis très las
je voudrais que l 'on me seconde
pour ne plus perdre une seconde
dans ma distribution de joujoux".

D où cet appel provenait-il?

L 'un d´entre nous ouvrit la porte, fit le tour de la maison, puis revint sans avoir trouvé la clef de l 'énigme. Un vol d 'étourneaux piaillant à qui mieux mieux couvrit un instant le cri sépulcral, puis ce dernier reprit le dessus, nous plongeant dans une grande perplexité. Après un moment de petite frayeur provoquée par cette voix mystérieuse, chacun de nous essaya d 'en dégager l 'origine; nous nous disséminâmes dans l 'appartement car le son semblait venir de partout et de nulle part à la fois.

La voix plaintive finit par nous attendrir et nous aurions voulu pouvoir aider celui qui parlait, mais nous étions complètement démunis et ne savions que faire. C 'est alors qu 'on frappa à la porte, je l 'ouvris et me trouvai face à un curieux personnage vêtu d 'une cape bleue et coiffé d'un bonnet de la même couleur, seules ses bottes étaient noires. Il se présenta poliment en disant:

"Excusez-moi de vous déranger, je m appelle VENTDESBOIS et je suis à la recherche de mon fils BRISEFRAICHE, il a l'habitude d 'entrer chez les gens, d'occuper tout l 'espace et de dire en grossissant sa voix:

"Je suis fourbu je suis très las
je voudrais que l 'on me seconde
pour ne plus perdre une seconde
dans ma distribution de joujoux".

Je lui répondis:" votre fils est bien ici mais nous parvenons pas à le localiser". Le curieux personnage nous apprit alors que son jeune fils était friand de courants d 'air et qu'il suffisait d´ouvrir portes et fenêtres pour qu'il déserte les lieux: Nous fîmes ce qui nous était demandé et fûmes violemment repoussés vers un coin du salon, par une sorte d 'oiseau invisible dont nous entendîmes distinctement le battement des ailes. Puis tout rentra dans l 'ordre, je m'approchai alors de la porte pour prendre congé du visiteur, mais lui aussi avait disparu.

Personne n a jamais voulu croire à cette histoire et pourtant......

Couleurs mêlées

Un petit chien tout bleu
léchait un ciel tout vert.

Un écureuil tout gris
lorgnait un merle blanc.

Des enfants aux yeux roux
sucaient un bonbon noir.

Ceci est très curieux
disait un vieux monsieur.

Le monde est à l’envers,
mangeons donc des éclairs.

vendredi 26 décembre 2008

Cocu merle

A la tombée du jour
quand les formes diffusent,
le merle au bec jauni
regagne son logis.

En arrivant au nid
il découvre surpris,
que sa merlette aimée
ailleurs s'en est allée.

Pauvre emplumé noirci
ton coeur à bout de souffle,
a cru ce que chacun de nous
a un jour espéré,
mais qui hélas n'est pas et ne sera jamais.

Le mot fidélité
n'a de sens qu'a l'écrit,
et les âmes trompées
errent à l'infini.

mercredi 24 décembre 2008

La vie ...

... se passe ailleurs que dans sa salle à manger. Sortez, ouvrez les yeux, observez, concluez, agissez dans le respect de la légalité, mais agissez!!

Goutte d’or et goutte d’eau

Les gouttes
s’égouttent
et j’écoute

le bruit de l’eau
dans le ruisseau.

Ambiance champêtre

Le sentier fleure bon un parfum de noisettes,
Les sous-bois reverdis embaument les buissons,
Un rayon de soleil traverse le feuillage
et caresse tout doux un écureuil peureux.

Une exquise fraîcheur envahit la forêt,
Je marche lentement au milieu des ramées,
J ‘aperçois immobile à la cime d’un arbre
Un oiseau coloré sifflant son trémolo.

Ma présence feutrée cependant l’effarouche,
Les ailes grand ouvertes il s’élance soudain
Et traverse en planant le vallon ondoyant
Pour aller se poser au faîte d’un érable.

J’imagine alors de grandes envolées
Où je pourrais enfin me griser de vitesse
Puis stopper mon élan au sommet des collines
Pour admirer de haut la nature en beauté.