dimanche 28 décembre 2008

Courants d 'air

Les arbres dénudés dressaient leurs silhouettes sombres, quelques corbeaux cherchaient une nourriture qui se raréfiait; dès quatre heures le jour déclina rapidement. A l 'intérieur de la maison chacun s' occupait selon son humeur, l'une tricotait, un autre lisait, un troisième construisait une maquette, quant à moi j 'écrivais. Nous étions le 24 décembre et le déroulement du temps paraissait interminable, nous attendions minuit avec impatience et les aiguilles de la pendule semblaient arrêtées.

Soudain, nous entendîmes une voix caverneuse comme venue d outre-tombe et qui disait:

" Je suis fourbu je suis très las
je voudrais que l 'on me seconde
pour ne plus perdre une seconde
dans ma distribution de joujoux".

D où cet appel provenait-il?

L 'un d´entre nous ouvrit la porte, fit le tour de la maison, puis revint sans avoir trouvé la clef de l 'énigme. Un vol d 'étourneaux piaillant à qui mieux mieux couvrit un instant le cri sépulcral, puis ce dernier reprit le dessus, nous plongeant dans une grande perplexité. Après un moment de petite frayeur provoquée par cette voix mystérieuse, chacun de nous essaya d 'en dégager l 'origine; nous nous disséminâmes dans l 'appartement car le son semblait venir de partout et de nulle part à la fois.

La voix plaintive finit par nous attendrir et nous aurions voulu pouvoir aider celui qui parlait, mais nous étions complètement démunis et ne savions que faire. C 'est alors qu 'on frappa à la porte, je l 'ouvris et me trouvai face à un curieux personnage vêtu d 'une cape bleue et coiffé d'un bonnet de la même couleur, seules ses bottes étaient noires. Il se présenta poliment en disant:

"Excusez-moi de vous déranger, je m appelle VENTDESBOIS et je suis à la recherche de mon fils BRISEFRAICHE, il a l'habitude d 'entrer chez les gens, d'occuper tout l 'espace et de dire en grossissant sa voix:

"Je suis fourbu je suis très las
je voudrais que l 'on me seconde
pour ne plus perdre une seconde
dans ma distribution de joujoux".

Je lui répondis:" votre fils est bien ici mais nous parvenons pas à le localiser". Le curieux personnage nous apprit alors que son jeune fils était friand de courants d 'air et qu'il suffisait d´ouvrir portes et fenêtres pour qu'il déserte les lieux: Nous fîmes ce qui nous était demandé et fûmes violemment repoussés vers un coin du salon, par une sorte d 'oiseau invisible dont nous entendîmes distinctement le battement des ailes. Puis tout rentra dans l 'ordre, je m'approchai alors de la porte pour prendre congé du visiteur, mais lui aussi avait disparu.

Personne n a jamais voulu croire à cette histoire et pourtant......

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